68 logements locatifs sociaux à Lyon-La Duchère (69), conçus par Philippe Dubus Architectes pour la SACVL – livrés en 2021
Livrés en 2021 à Lyon-La Duchère, les îlots 24 et 25 regroupent 68 logements locatifs sociaux conçus par Philippe Dubus Architectes pour la SACVL. Les cinq bâtiments développent des façades réalisées avec le Procédé GBE®, associant un voile intérieur porteur en béton armé, 14 cm d’isolant polyuréthane Knauf Thane Mur-B2i et une paroi extérieure en béton apparent. L’isolant atteint une résistance thermique R = 6,36 m².K/W. Le béton autoplaçant Ultra Twin Procédé GBE de Lafarge est décliné en gris clair, gris foncé et jaune-beige teintés dans la masse, sans lasure, peinture ni enduit extérieur. Le planning du gros œuvre reste celui d’un chantier traditionnel : les équipes coffrent et coulent chaque jour, avec un effectif légèrement renforcé pour intégrer l’isolant. Le gain apparaît ensuite sur le second œuvre : au décoffrage, le mur est déjà porteur, isolé et doté de son parement extérieur définitif. Le traitement spécifique des loggias préserve en outre la continuité thermique.


Comment les îlots 24 et 25 participent-ils au renouvellement de La Duchère ?
Les îlots 24 et 25 prennent place dans le vaste renouvellement urbain engagé à La Duchère depuis 2001. Implanté entre le plateau et le parc du Vallon, le projet de Philippe Dubus Architectes constitue l’un des derniers jalons résidentiels de cette transformation. Les 68 logements sociaux sont répartis dans cinq bâtiments : deux immeubles collectifs de R 4 à R 5, un petit collectif intermédiaire à R 3 et deux villas urbaines. Cette fragmentation rompt avec l’échelle des grandes barres qui ont longtemps caractérisé le quartier et établit une relation plus directe avec la pente et le paysage. L’architecture reste volontairement sobre et minérale. Le béton coulé en place constitue le matériau fédérateur de l’ensemble, avec des nuances qui varient selon les bâtiments. À l’échelle du quartier, la ZAC de La Duchère compte aujourd’hui 27 opérations de logements livrées, soit environ 1 800 logements, et a obtenu le niveau 4 du label ÉcoQuartier.
Pourquoi le Procédé GBE® est-il pertinent pour du logement locatif social ?
Pour un bailleur social, la performance d’un bâtiment se mesure pendant toute sa durée d’exploitation. Les consommations énergétiques, la robustesse des façades et les opérations d’entretien pèsent autant que le coût initial de construction. Le Procédé GBE® répond à cette logique patrimoniale en réunissant structure, isolation et parement extérieur dans un même mur en béton coulé en place. À La Duchère, l’isolant est durablement protégé entre deux parois en béton et le parement extérieur constitue directement la finition architecturale. Il n’est recouvert ni de lasure, ni de peinture, ni d’enduit destiné à produire sa couleur. La réduction du nombre de couches rapportées simplifie ainsi la maintenance future de l’enveloppe. Le bâtiment bénéficie parallèlement d’une isolation performante de 14 cm de polyuréthane présentant une résistance thermique R = 6,36 m².K/W. L’opération est labellisée Effinergie , ce qui traduit l’ambition énergétique globale du projet.
Quelle est la composition des murs réalisés avec le Procédé GBE® ?
En partie courante, la façade présente une épaisseur totale de 40 cm. Elle est composée de 10 cm de béton armé extérieur, de 14 cm de polyuréthane Knauf Thane Mur-B2i et de 16 cm de béton armé intérieur porteur. L’isolant présente une résistance thermique R = 6,36 m².K/W. Au droit des loggias, la composition évolue pour atteindre 44 cm : la peau extérieure est localement épaissie afin de participer au traitement structurel particulier des dalles extérieures. Au droit des loggias, la composition devient 14 cm de béton extérieur, 14 cm d’isolant et 16 cm de béton intérieur, soit 44 cm au total.
Le principe du Procédé GBE® reste identique : l’isolant est placé directement dans le coffrage, entre les deux ferraillages. Les connecteurs et entretoises GBE le maintiennent pendant la fermeture des banches et le bétonnage. Les deux parois sont ensuite coulées simultanément. Le voile intérieur assure la fonction porteuse tandis que la paroi extérieure protège l’isolant et constitue le parement architectural.
Pourquoi 14 cm de polyuréthane sont-ils intéressants pour la performance thermique ?
Les façades intègrent 14 cm de polyuréthane Knauf Thane Mur-B2i pour une résistance thermique annoncée de R = 6,36 m².K/W. Cette valeur est élevée pour une épaisseur d’isolant relativement contenue et contribue directement à limiter les déperditions thermiques à travers les murs.
Le positionnement de l’isolant au cœur du Procédé GBE® est également déterminant. Contrairement à une isolation placée uniquement entre doublages intérieurs, la masse du voile porteur reste du côté chauffé du bâtiment. Le béton intérieur peut ainsi participer à l’inertie thermique des logements. La continuité de l’isolant permet par ailleurs de traiter les principales liaisons dans une logique proche d’une isolation thermique par l’extérieur. La performance réelle des logements dépend naturellement de l’ensemble du projet — menuiseries, ventilation, étanchéité à l’air, protections solaires et usages — mais l’enveloppe constitue une base particulièrement performante. Le label Effinergie confirme l’ambition énergétique générale retenue pour l’opération.
Comment le Procédé GBE® conserve-t-il un planning de gros œuvre traditionnel ?
Sur les îlots 24 et 25, le planning du gros œuvre reste fondamentalement inchangé. Comme sur un chantier traditionnel de logements en béton banché, les équipes préparent, coffrent, ferraillent et coulent chaque jour. Le lendemain, elles décoffrent puis recommencent sur la zone suivante. Le Procédé GBE® ajoute la mise en place des panneaux isolants et des accessoires GBE à cette séquence, ce qui nécessite une équipe légèrement plus dimensionnée. Cette opération est toutefois réalisée en parallèle des autres tâches et ne vient pas créer une nouvelle phase autonome dans le planning de structure. La logique reste donc simple : un cycle de coffrage et de bétonnage quotidien. Le gain apparaît ensuite sur le planning global. Lorsque les banches sont retirées, l’isolation est déjà intégrée et le parement extérieur en béton est terminé. Le Procédé GBE® ne cherche ainsi pas à raccourcir artificiellement le gros œuvre ; il permet surtout de réduire les interventions nécessaires pendant les phases ultérieures de second œuvre.
Comment l’équipe organisait-elle une journée de production avec le Procédé GBE® ?
L’organisation du chantier reposait sur une spécialisation simple des compagnons. La journée commençait par le nettoyage des banches, indispensable puisque le béton décoffré devait constituer directement le parement final. Après la pose de la première banche, deux ferrailleurs installaient le treillis soudé. Un compagnon spécialisé suivait leur progression en positionnant les panneaux de polyuréthane Knauf Thane Mur-B2i équipés des connecteurs du Procédé GBE®. Pendant qu’il continuait à avancer, les ferrailleurs passaient au second ferraillage et le rattrapaient progressivement. Les tâches se superposaient donc plutôt qu’elles ne s’additionnaient. Le chef d’équipe intervenait ponctuellement pour les contrôles ou les points particuliers. Une fois l’ensemble en place, le coffrage était fermé et deux maçons procédaient au bétonnage dans l’après-midi. Cette organisation permettait couramment à une équipe rodée de réaliser de l’ordre de 30 m² de murs avec le Procédé GBE® par jour, tout en conservant le cycle quotidien habituel du gros œuvre.
Pourquoi le ratio de 30 m² par jour doit-il être lu à l’échelle du mur fini ?
Le ratio d’environ 30 m² réalisés quotidiennement prend tout son sens lorsqu’on considère ce qui est obtenu au décoffrage. Il ne s’agit pas simplement de 30 m² de voile béton brut devant ensuite recevoir plusieurs couches complémentaires. Le voile intérieur porteur est réalisé, les 14 cm d’isolation en polyuréthane sont déjà intégrés, l’isolant est protégé et le parement extérieur définitif en béton est obtenu au cours du même cycle. Il n’est donc pas nécessaire de revenir sur cette façade pour installer une isolation thermique extérieure puis réaliser un enduit, un bardage ou une peinture destinés à produire son aspect architectural. Le gros œuvre mobilise une équipe légèrement plus importante, mais son planning quotidien reste inchangé. Le bénéfice apparaît principalement ensuite : moins d’interventions en façade, moins d’interfaces entre entreprises et moins de travaux de second œuvre. Le Procédé GBE® transfère ainsi plusieurs fonctions de l’enveloppe vers une phase de gros œuvre déjà maîtrisée par les coffreurs-bancheurs.
Une fois décoffré, le mur réalisé avec le Procédé GBE® est-il déjà terminé ?
À La Duchère, le décoffrage révèle un mur très proche de son état définitif. La structure intérieure en béton armé est réalisée. Les 14 cm d’isolant polyuréthane sont déjà intégrés dans l’épaisseur du mur. La paroi extérieure en béton apparent constitue directement la façade finie. Il n’y a donc pas de campagne ultérieure de pose d’isolant ni de finition extérieure nécessaire pour donner son aspect au bâtiment. Cette caractéristique explique une partie des gains possibles sur le second œuvre. Côté logement, le voile intérieur en béton peut être conservé apparent lorsque cette esthétique est souhaitée. Lorsqu’un rendu plus conventionnel est recherché, une finition intérieure légère peut être appliquée directement sur le support, par exemple un enduit plâtre de type GS sous réserve des prescriptions du système retenu et de la préparation du béton. Le principe reste particulièrement rationnel : après décoffrage, le mur porte, isole et protège. Les interventions restantes concernent principalement les finitions intérieures souhaitées et les autres corps d’état ; l’isolation et le parement extérieur sont déjà réalisés.
Comment le béton autoplaçant Ultra Twin Procédé GBE simplifie-t-il le bétonnage ?
Les murs utilisent le béton autoplaçant Ultra Twin Procédé GBE de Lafarge. Sa fluidité lui permet de remplir les deux parties du mur autour de l’isolant, y compris la peau extérieure plus mince, sans vibration mécanique. Le bétonnage reste néanmoins une opération contrôlée : les niveaux doivent monter de manière équilibrée de part et d’autre de l’isolant afin de limiter les différences de pression. La documentation technique du Procédé GBE® précise ce principe de coulage simultané et équilibré.
À La Duchère, la hauteur courante des logements, de l’ordre de 2,70 m, facilitait cette surveillance. Les deux maçons pouvaient observer directement le niveau de béton de chaque côté du panneau isolant et répartir le béton en conséquence. L’objectif était de maintenir les deux hauteurs aussi proches que possible pendant toute la montée. Le béton autoplaçant se mettait en place par sa propre fluidité. Aucun passage d’aiguille vibrante n’était nécessaire, ce qui simplifiait le geste de bétonnage autour de l’isolant.
Comment les différentes teintes de béton construisent-elles l’identité des cinq bâtiments ?
Philippe Dubus Architectes utilise la couleur du béton pour individualiser les différentes silhouettes sans rompre l’unité architecturale de l’opération. Les doubles murs sont coulés en place avec des teintes qui varient entre gris clair, gris foncé et jaune-beige ou doré. L’agence décrit elle-même des doubles murs teintés dans la masse dont les nuances évoluent légèrement d’un bâtiment à l’autre.
La couleur n’est pas obtenue par une peinture ou par une lasure appliquée après décoffrage. Elle appartient directement au béton. Cette approche rend le gros œuvre responsable de l’expression finale de la façade et nécessite donc une attention particulière au nettoyage des banches, à leur état de surface, à l’agent de démoulage et à la régularité du bétonnage. Le béton autoplaçant Ultra Twin Procédé GBE de Lafarge devient simultanément matériau structurel et matériau architectural. L’absence de finition colorée rapportée simplifie également la logique d’entretien à long terme de ces logements sociaux.
Pourquoi l’absence de lasure, de peinture ou d’enduit extérieur est-elle intéressante pour un bailleur ?
La façade des îlots 24 et 25 tire directement sa couleur du béton teinté dans la masse. Elle n’est donc pas dépendante d’un film de peinture ou d’une lasure destiné à produire son aspect initial. Cette simplicité constructive est particulièrement intéressante pour un bailleur qui conserve ses bâtiments pendant plusieurs décennies. Une finition rapportée constitue une couche supplémentaire à surveiller et susceptible, selon sa nature et son exposition, de nécessiter des opérations périodiques de réfection. Ici, le béton constitue directement le parement architectural. Il vieillira naturellement et devra être surveillé comme tout ouvrage extérieur, mais sa couleur ne repose pas sur l’intégrité d’une peinture superficielle. Le Procédé GBE® protège également l’isolant entre deux parois minérales. Pour la SACVL, l’intérêt se lit donc à l’échelle du coût global : une enveloppe performante thermiquement, robuste mécaniquement et comportant peu de couches rapportées. Moins d’interfaces constructives signifie également moins de zones potentiellement sensibles pendant la durée d’exploitation du patrimoine.
Comment les loggias ont-elles été conçues pour limiter les ponts thermiques ?
Le traitement des loggias constitue l’une des particularités techniques majeures du projet. En partie courante, le mur du Procédé GBE® mesure 40 cm, selon une composition de 10 cm de béton extérieur, 14 cm d’isolant et 16 cm de béton intérieur.
Cette augmentation de section permet à la partie extérieure de reprendre les dalles des loggias selon le dimensionnement structurel du projet, sans créer une bande continue de béton reliant directement la dalle extérieure à la structure intérieure chauffée. L’isolant de 14 cm reste ainsi interposé entre les deux ensembles. La solution évite le principe d’une liaison massive traversant l’isolation, qui constituerait un pont thermique important. Ce détail montre comment les épaisseurs du Procédé GBE® peuvent être adaptées localement aux contraintes structurelles et architecturales d’un chantier.
Pourquoi ce traitement des loggias est-il particulièrement intéressant dans le logement ?
Les balcons et les loggias sont des points sensibles de l’enveloppe thermique. Lorsqu’une dalle extérieure se prolonge directement depuis le plancher intérieur, le béton traverse l’isolation et crée une voie privilégiée pour les transferts de chaleur. À La Duchère, la logique constructive est différente. L’épaississement local de la paroi extérieure du Procédé GBE® permet de disposer de la section nécessaire du côté extérieur, tandis que les 14 cm d’isolant restent interposés vis-à-vis de la structure intérieure. La dalle de loggia n’a donc pas besoin d’être raccordée à l’intérieur par une bande massive de béton traversant l’isolation. Ce principe réduit le pont thermique au droit d’un élément particulièrement répétitif dans le logement collectif. Il contribue ainsi à la cohérence de la performance globale de l’enveloppe : une résistance thermique élevée en partie courante n’aurait qu’un intérêt limité si elle était régulièrement interrompue par des liaisons de balcons fortement conductrices.
Comment le Procédé GBE® contribue-t-il à réduire les besoins de chauffage ?
Les 14 cm de polyuréthane intégrés aux façades présentent une résistance thermique R = 6,36 m².K/W. Cette performance réduit les flux de chaleur traversant les murs et participe ainsi à la diminution des besoins de chauffage en hiver. Le Procédé GBE® agit également sur la continuité de l’enveloppe. L’isolant est incorporé au mur et les points singuliers peuvent être étudiés pour conserver autant que possible cette continuité, comme le montre précisément le traitement des loggias. La performance globale ne dépend néanmoins jamais du seul mur : les menuiseries, l’étanchéité à l’air, la ventilation, les orientations et les équipements interviennent également dans les consommations finales. Le projet a obtenu le label Effinergie , qui confirme l’ambition énergétique de l’ensemble du bâtiment.
Pour un bailleur social, réduire durablement les besoins énergétiques est particulièrement pertinent : cela agit sur les charges d’usage tout en maintenant une enveloppe robuste et protégée.
Pourquoi l’inertie du béton améliore-t-elle aussi le confort d’été ?
Le Procédé GBE® place le voile porteur en béton du côté intérieur de l’isolant. Cette disposition maintient une masse importante de béton dans le volume thermique du logement. Elle permet au matériau de participer à l’inertie du bâtiment : le béton absorbe une partie des apports de chaleur et ralentit les variations rapides de température intérieure. Le Procédé GBE® associe ainsi isolation et masse thermique plutôt que de neutraliser cette dernière derrière un doublage isolant intérieur. La documentation GBE identifie précisément l’inertie thermique du béton comme l’un des leviers du confort d’été et de la réduction des besoins de chauffage et de rafraîchissement.
Cette caractéristique prend une importance croissante à Lyon, où les épisodes de fortes chaleurs et les canicules constituent désormais une contrainte récurrente pour le logement collectif. L’inertie ne remplace évidemment ni les protections solaires ni la ventilation nocturne, mais elle augmente la capacité du bâtiment à amortir les pics thermiques et à conserver plus longtemps une température intérieure stable.
Pourquoi l’absence de joints de préfabrication intéresse-t-elle l’architecte ?
Le Procédé GBE® repose sur du béton coulé en place. Il ne s’agit pas d’un assemblage de panneaux préfabriqués dont les dimensions et les jonctions imposeraient un quadrillage régulier à la façade. Les reprises de bétonnage, joints de dilatation et dispositions constructives nécessaires au bâtiment subsistent naturellement, mais ils ne correspondent pas à une logique de modules transportés puis assemblés.
Cette différence est particulièrement visible à La Duchère. Philippe Dubus Architectes travaille les silhouettes, les loggias et les variations de teinte comme les éléments d’une composition continue en béton. Les doubles murs coulés en place renforcent le caractère monolithique des cinq bâtiments et leur relation avec l’architecture minérale du quartier. L’agence souligne d’ailleurs explicitement le choix de doubles murs teintés dans la masse et coulés en place.
Le Procédé GBE® permet donc d’intégrer l’isolation sans transformer le langage architectural du béton en une façade modulaire imposée par une logique industrielle de préfabrication.
Quel rôle GBE a-t-elle joué dans la réalisation des façades ?
GBE fournit les pièces plastiques permettant de positionner et de maintenir les panneaux isolants dans les coffrages, ainsi que le kit d’outillage nécessaire à leur mise en œuvre. Les connecteurs traversent l’isolant et permettent notamment de calibrer les épaisseurs des parties en béton. Les entretoises sont positionnées au droit des tiges de serrage des banches et participent au maintien de la géométrie pendant le coffrage et le bétonnage. Les pièces sont fabriquées en fonction des épaisseurs retenues pour chaque chantier, ce qui permet ici d’adapter le Procédé GBE® aux parties courantes et aux zones de loggias. Le béton, les armatures, l’isolant et les banches restent fournis ou choisis par les entreprises selon l’organisation habituelle du chantier. Cette logique préserve l’écosystème traditionnel du gros œuvre. GBE accompagne également les équipes dans la prise en main et la transmission du mode opératoire, afin que l’intégration de l’isolant devienne progressivement une séquence normale du cycle quotidien des coffreurs-bancheurs.
Que démontrent les îlots 24 et 25 sur la simplicité du Procédé GBE® ?
La référence de La Duchère montre que le Procédé GBE® peut s’intégrer à un chantier répétitif de logements sociaux sans bouleverser son planning de gros œuvre. Les équipes continuent à coffrer et couler chaque jour. L’effectif est légèrement renforcé pour intégrer la pose de l’isolant, mais cette tâche est organisée en parallèle du ferraillage. Une équipe rodée réalisait ainsi couramment environ 30 m² de murs par jour. Le bénéfice apparaît surtout après le décoffrage : le mur est porteur, les 14 cm de polyuréthane présentant R = 6,36 m².K/W sont déjà intégrés et le béton extérieur teinté dans la masse constitue le parement final. Le second œuvre de façade est donc fortement réduit.
Cette simplicité n’empêche pas les détails techniques élaborés. Les loggias montrent au contraire que le Procédé GBE® peut adapter ses épaisseurs pour répondre simultanément aux contraintes structurelles, thermiques et architecturales sans abandonner les méthodes traditionnelles du béton coulé en place.
Que démontre le projet pour un bailleur social qui conserve son patrimoine ?
Les îlots 24 et 25 réunissent plusieurs enjeux directement liés à l’exploitation de logements sociaux. La résistance thermique R = 6,36 m².K/W des 14 cm de polyuréthane contribue à limiter les besoins de chauffage. Le voile intérieur en béton, placé du côté isolé, apporte de l’inertie et participe au confort d’été. Le traitement spécifique des loggias réduit les ponts thermiques à des endroits particulièrement sensibles. Les parements extérieurs sont en béton teinté dans la masse, sans peinture, lasure ou enduit destiné à produire leur couleur. Enfin, l’isolant est durablement protégé entre deux parois en béton.
Ces caractéristiques répondent à une logique de coût global : consommer peu, limiter les opérations de façade et construire une enveloppe robuste destinée à durer. Pour le bailleur, la performance énergétique et la durabilité deviennent donc complémentaires. L’intérêt du Procédé GBE® se situe donc autant dans le coût d’usage du bâtiment que dans son coût de construction : moins de besoins énergétiques, une façade robuste et peu de finitions rapportées à entretenir. Pour l’architecte, elles restent compatibles avec une expression forte du béton, des teintes différentes et une conception sur mesure des loggias.



Données clés du projet
- Projet : Îlots 24 et 25 – 68 logements locatifs sociaux
- Localisation : La Duchère, Lyon 9e, Rhône
- Programme : 68 logements locatifs sociaux et parking
- Livraison : 2021
- Maître d’ouvrage : SACVL
- Architecte mandataire : Philippe Dubus Architectes
- Paysagiste : Atelier Altern
- Surface : 4 940 m² SP
- Budget : 6,6 M€ HT
- Performance énergétique : Effinergie
- Organisation : cinq bâtiments, dont deux collectifs, un bâtiment intermédiaire et deux villas urbaines (non réalisées avec le Procédé GBE®)
- Entreprises de gros œuvre : Fontanel et Bertrand Duron Constructeur, groupe Fontanel (sous-traitant)
- Entreprise chargée des façades réalisées avec le Procédé GBE® : Bertrand Duron Constructeur, groupe Fontanel,
- Procédé constructif : double mur en béton armé coulé en place avec isolation intégrée
- Composition courante : 40 cm au total – 10 cm béton extérieur / 14 cm isolant / 16 cm béton intérieur porteur
- Composition au droit des loggias : 44 cm au total – 14 cm béton extérieur / 14 cm isolant / 16 cm béton intérieur porteur
- Isolant : 14 cm de polyuréthane Knauf Thane Mur-B2i
- Résistance thermique de l’isolant : R = 6,36 m².K/W
- Béton : Ultra Twin Procédé GBE de Lafarge
- Mise en œuvre : béton autoplaçant, sans vibration
- Teintes : gris clair, gris foncé teinté dans la masse et jaune-beige/doré teinté dans la masse
- Finition extérieure : béton apparent, sans lasure, peinture ni enduit extérieur
- Particularité des loggias : épaississement local de la paroi extérieure afin de reprendre les dalles de loggia sans créer de liaison béton continue vers la structure intérieure
- Rythme de chantier observé : environ 30 m² de murs réalisés quotidiennement par une équipe rodée
- Planning du gros œuvre : cycle quotidien traditionnel de coffrage, bétonnage et décoffrage, avec équipe légèrement renforcée pour intégrer l’isolant
- Gain chantier : réduction des interventions de second œuvre en façade, le mur étant déjà porteur, isolé et fini extérieurement après décoffrage